Né à Calais en 1981, j’ai aujourd’hui une pratique centrée sur le son, entre musique et art sonore. C’est mon oncle, Fred Gregson, qui m’a formé aux percussions digitales et aux rythmes afrocubains à l’École Nationale de Musique et de Danse de Calais. J’ai très tôt éprouvé le besoin d’explorer d’autres territoires sonores. Cette curiosité m’a conduit à jouer avec divers instruments, objets et matières, à écouter autrement ce qui nous entoure.
Au fil de mes collaborations, je me suis progressivement orienté vers la création de pièces sonores réalisées à partir de field recordings, d’électroacoustique et de musique de synthèse. J’aime composer avec le réel, faire entendre ce qui passe souvent inaperçu. Se laisser surprendre par les je-ne-sais-quoi de la poésie du quotidien.
Depuis 2018, je porte Le Sonoscope, un outil artistique et social propice à faire résonner les mémoires et les paroles à travers le son et l’écoute partagée. En parallèle, je travaille au Channel, scène nationale de Calais, en tant que technicien plateau et son, où je peux continuer d’explorer les croisements entre technique, écoute et création.
J’ai la chance de collaborer régulièrement avec des artistes d’horizons très différents: la plasticienne Audrey Dewet, avec qui je crée des performances et installations sonores entre la France et la Chine, ou encore Yukko Chan, metteuse en scène et réalisatrice hongkongaise, pour qui j’ai composé des bandes sonores originales.
De 2008 à 2019, j’ai travaillé étroitement avec le Théâtre de l’Ordinaire sur des projets mêlant créations musicales, collectage de paroles et travail de transmission, en France et à l’étranger. Avant cela, j’ai longtemps joué dans différents projets musicaux où je pratiquais les percussions, la batterie, les chœurs, le live-sampling et la MAO. Ces expériences, profondément formatrices, continuent de résonner dans ma pratique du son et de la musique aujourd’hui.
Prendre le temps, interroger la place du son dans notre quotidien comme vecteur de poésie, c’est bien là ce qui m’importe. À travers mes créations — qu’il s’agisse d’installations sonores, de performances ou de dispositifs d’écoute partagée — j’essaie d’ouvrir des espaces où le son devient paysage, respiration. Je reste profondément attaché à son pouvoir contemplatif, à la liberté et à la disponibilité qu’il peut offrir.
Écouter, c’est prendre le temps. C’est redécouvrir le monde autrement, à travers le son.
